Comment gérer sa trésorerie durant la crise du Coronavirus ?

La crise sanitaire générée par la pandémie de Covid-19 a entraîné une autre crise cette fois-ci économique. Voici quelques actions clés qui doivent être prises pour éviter l’effet domino de la crise qui se traduirait par des faillites en cascade.

Maintenir les paiements

Toutes les entreprises doivent veiller à se faire payer par leurs clients et même à faire appel au médiateur des entreprises. Les paiements dans les temps ainsi que le règlement des fournisseurs doivent être maintenus.

Ces paiements sont impératifs pour éviter toute rupture du crédit inter-entreprises et également pour maintenir la confiance entre les parties.

Les assureurs crédits pourraient dans le cas contraire exiger un paiement au comptant pour leurs sous-traitants. Ce qui poserait un sérieux problème.

Si la trésorerie d’une entreprise est en très mauvais état, cette dernière peut tenter une négociation de l’étalement des paiements avec ses fournisseurs. Elle peut aussi demander à ce que ses clients procèdent à un paiement anticipé. Il en va sans dire qu’un élan de solidarité a été noté au niveau de certains groupes.

L’Oréal a pour sa part gelé toutes les créances des salons de coiffure et des parfumeries, et ce, jusqu’à ce que les activités de ces dernières redémarrent. Les délais de paiement ont aussi été raccourcis et le règlement comptant systématisé pour les fournisseurs les plus précaires.

Ces mesures de solidarité ont aussi été adoptées chez Jouve et IIiad, chez Carrefour, chez Système U et chez bien tant d’autres.

Faire appel à son banquier

Le système bancaire est aussi une solution pour les structures les plus fragiles. Les entreprises ayant déjà anticipé un certain déficit au niveau de leur trésorerie, peuvent négocier auprès de leur banquier, un report des échéances de prêts.

Elles peuvent également demander des crédits pour financer leurs besoins en fonctionnement durant cette crise.

L’État offre d’ailleurs une garantie pouvant être souscrite via les banques, à partir de ce 25 mars 2020. Cette garantie consiste un prêt d’un montant maximum égal à trois mois du chiffre d’affaires et soumis à un taux de 0,25 %.

Il est vrai que le président de la Fédération bancaire française ou FBF et le directeur général de la Société Générale se sont tous les deux engagés à ne pas restreindre et à ne pas rationner le crédit, mais quelques banquiers pourraient avoir quelques réticences à accorder des facilités à leurs clients. Ces derniers peuvent donc en cas de besoin, faire appel au médiateur du crédit de la Banque de France pour les aider dans leurs négociations de crédits.

Michel Gire conseille d’ores et déjà aux entreprises de se présenter devant leur banquier avec deux versions de leur budget de fonctionnement. La première sans aucune anticipation d’une reprise d’activité avant le mois de juillet et la deuxième version avec une reprise d’activité dans les deux mois suivants avec un pic d’activité au mois de mai.

Il y a aussi les prêts Atout accessibles chez Bpifrance pour les PME et les ETI. Ces dernières sont actuellement les plus fragilisées par la crise économique découlant directement de celle sanitaire générée par le Covid-19.

Et si cela ne suffit pas encore, il est tout à fait possible pour les entreprises d’approcher les sociétés d’affacturage. Toutefois, il est recommandé de n’y recourir qu’en dernier recours, car ces factors ont un coût particulièrement excessif.